PENSEES URBAINES

Les espèces introduites envahissantes en Nouvelle Calédonie

Posted by admin on Vendredi 6 février 2009 and filed under A la une, Actualité, Santé, Sciences & Environnement. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry - Article lu 1 211 fois

Les espèces envahissantes :

La vie, apparue sur Terre il y a quatre milliards, a depuis évolué avec constance, les espèces tentant de s’adapter à la présence des autres et aux conditions spécifiques de chacun des milieux qui les abritent. Ces derniers sont séparés par des barrières naturelles (mer, reliefs, désert, climat, …) qui les isolent les uns des autres. Cet isolement a favorisé l’apparition de nouvelles espèces : des mutations génétiques locales ont constitué des combinaisons originales qui ont connu ensuite leur propre évolution, c’est le processus de spéciation que Darwin a décrit au XIXème siècle.

mailgooglecom

Aussi, quand les premiers hommes sont arrivés il y a trois mille ans, ils ont abordé des terres d’une grande richesse biologique, avec des écosystèmes variés témoin des reliefs et des sols en place. Dans les pirogues, ils avaient avec eux des espèces avec lesquelles il leur était habituel de voyager (tubercules, bananiers, cordyline, …) pour des raisons culturelles et/ou alimentaires. Egalement présents, des passagers clandestins moins désirables, dont certains allaient exprimer un comportement envahissant, tel le rat polynésien Rattus exulans encore présent de nos jours et très actif dans la quasi-totalité des différents écosystèmes (il aurait contribué à l’extinction d’au moins 20 espèces de vertébrés).

A noter que les hommes également peuvent également être qualifiés d’espèce envahissante, par leurs actions de prédations (des études archéologiques ont mis en évidence la disparition d’espèces non adaptées à la chasse) et de destruction de milieux, qui peut s’apparenter à de la concurrence pour l’espace.

L’arrivée des européens sur de grands navires au XVIIIème marquera l’accroissement des introductions dont certaines ont été très positives sur le plan économique ou d’agrément. Malheureusement, d’autres ont été catastrophiques pour la biodiversité, l’économie (comprenant non monétarisée, dans le sens : « activités dont l’homme espère retirer un bien-être ») et la santé. Ces introductions ont connu un accroissement fin XIXème puis le long du XXème (avec un pic notable lors de la présence américaine dans les années 1940) qui se prolonge de nos jours avec des transferts de populations et des besoins matériels en constante hausse. Les projets miniers actuellement en cours de développement peuvent également être source d’introduction, du fait des nombreux échanges induits.

La nécessité de mettre en place une politique de contrôle des espèces envahissantes en Nouvelle-Calédonie.

Avec la destruction des habitats, les espèces introduites sont la plus grande menace portée aux écosystèmes néocalédoniens. La qualité de vie des habitants peut également être localement fortement impactée, souvent avec un préjudice économique quantifiable. C’est pourquoi il convient de mettre en place en Nouvelle-Calédonie un plan de gestion sur cette problématique, à l’instar d’autres ensembles insulaires du Pacifique.

Une part de la population directement impactée a pris conscience d’elle-même de la nécessité d’agir, une autre part (dont certains décideurs politiques) a également été sensibilisée par le travail d’information des scientifiques, techniciens et associations. Toutefois, de nombreuses personnes n’ont pas conscience des enjeux et on peut regretter que les moyens mis en place ou actuellement évoqués ne soient pas suffisants.

Il y a sans doute 3 raisons à cette situation :

- Nous manquons encore en Nouvelle-Calédonie d’informations scientifiques complètes et non contestables. De nombreux pans de la biodiversité ont été peu ou pas étudiés, par manque de moyens. Il faut alors émettre des hypothèses à partir d’observations partielles ou extrapoler à partir d’études effectuées dans d’autres îles tropicales, ce que les chercheurs ne font que prudemment. De plus, les interactions sont parfois complexes avec parfois des effets négatifs et positifs pour la même espèce.

- Les populations semblent peu concernées (car mal informées ?). Le problème des envahissantes n’est pas jugé prioritaire, quand il n’est pas simplement ignoré. L’apparition d’une nouvelle espèce n’est pas perçue comme une menace mais parfois même favorisée (par dissémination active ou par laisser-aller). Les avantages à court terme (souvent esthétique, dans le cas des plantes) occultent les dangers à long terme.

- Le partage des compétences entre les institutions de la Nouvelle-Calédonie. Ces dernières, issus de l’accord de Nouméa, sont encore jeunes et les domaines de compétences peuvent se chevaucher. Ainsi, la surveillance aux frontières est du ressort de la Nouvelle-Calédonie et la protection de l’environnement dépend des provinces. Dans le cas d’une introduction récente (une plante classée parmi les pires au monde), les partenaires institutionnels ont perdu du temps précieux avant de savoir qui interviendrait. Par ailleurs, les décideurs sont aussi les payeurs, ce qui pourrait orienter les priorités.

Conséquences indirectes : les réglementations ne sont pas toujours harmonisées ou manquent d’ambition (par ex, dans les faits, la propriété privée prime sur l’intérêt public comme l’a montré l’échec de la lutte contre le Bunchy Top du bananier).

C’est pourquoi il conviendrait de mettre en place une réelle politique publique de contrôle des espèces introduites …

ps : chaque année, 25 à 50 000 espèces disparaissent de la planète du fait de l’homme.

Par Stéphane Hénocque, association Convergence-Pays

29 Responses for “Les espèces introduites envahissantes en Nouvelle Calédonie”

  1. isa dit :

    Article qui tombe à point nommé car on vient de trouvé un crapaud buffle à Normandie dans une commande de tuile venant d’Australie. Un peu plus d’exemple nous élairerait mieux sur le problème.

  2. IKARIOS dit :

    Qui est l’auteur de cet article?

  3. admin dit :

    Désolé, j’avais oublié d’ajouter le nom de l’auteur de cet article paru également dans le journal Les Infos.

  4. merci à ce monsieur de nous alerter sur ce sujet!

  5. Nicolo dit :

    Info. exactes et divulgées par le SIVAP et la Province Sud … ce crapaud “buffe” a été trouvé dans un container de “briques” (pas de tuiles) en provenance d’Australie… des briques auraient été déchargées à Savannah et le reste au dépot du client. C’est pour cela qu’il y a toute cette mise en place d’information au cas ou nous en croiserions un !!!! à vos sacs plastiques et au congélateur.. et prévenir les services concernés.

  6. Chris dit :

    Très cher Stéphane,
    Si cet article part d’un bon sentiment, il est un peu “léger” tant sur la forme que sur le fond. Tout d’abord il faut définir quelles peuvent être les espèces envahissantes et pourquoi. Certaines espèces introduites volontairement ou pas ne sont pas envahissantes et se sont “stabilisées” pouvant même contribuer à l’équilibre de certains biotopes endémiques. Je n’ai pas la prétention de te faire un cour sur le sujet mais attention à ce que tu racontes.
    Je te cites:”des mutations génétiques locales ont constitué des combinaisons originales qui ont connu ensuite leur propre évolution, c’est le processus de spéciation que Darwin a décrit au XIXème siècle.
    Aîe !!!! la spéciation n’a jamais été décrite scientifiquement sauf dans le cas de certains végétaux chez les animaux on préfère parler de variétés géographiques. Pour faire simple, on sait que l’influence du milieu peut entrainer des modifications du génotypes mais surement pas d’effets de “mutation”. Là l’affaire se complique et je sais de quoi je parle ayant crée par “hybridation” un nouvel animal de consommation.
    Pour ton information le rat dont tu parles ne vient pas de tahiti mais a surement été introduit par le premier découvreur de NC.
    Ensuite et sans vouloir te vexer il y a aussi trop d’incohérences dans ton article.
    Je te donne un petit lien pour te faire une idée:
    http://www.issg.org/database/species/reference_files/Gargominy1996.pdf -
    Pour le crapaud buffle il est peut être déjà trop tard car chez celui-ci la parthénogenèse et la consanguinité n’est pas un problème et aucun périmètre de sécurité n’a été fait lors de la découverte de cet animal bravo la DENS !!!! Si il a pondu le désastre est annoncé souvenez vous de l’Achatina Fulica. Autre point sur ce sujet: contrairement à ce qui a été dit au reportage de RFO il n’y a pas de batracien endémique et encore moins de rainettes ici. La seule présente ici est une grenouille Australienne introduite volontairement et considérée à juste titre comme envahissante (Litoria Auréa).
    A+

  7. [...] urgent ! Suite à l’article des Nouvelles Caledoniennes et l’excellent article de NCI (sur le web), une nouvelle espèce envahissante vient d’être signalé, famille éloigné du [...]

  8. Ecolagon dit :

    Assez d’accord avec CHRIS sur le terme un peu “léger. ” Mais l’article a le mérite d’exister. Je le vois plutôt comme une introduction à quelque chose de plus consistant qui viendra peut être, sans tomber dans des considérations scientifiques peu compréhensibles par le grand public . Il s’agit donc sans doute d’une ébauche de vulgarisation afin que les gens prennent un peu plus conscience des risques de l’introduction d’espèces, des dégâts causés dans le passé et des erreurs à éviter.
    Merci à Chris pour le lien, on se demande si les politiques actuels se soucient de ce document de référence…

  9. Fred dit :

    Bonjour,
    La spéciation est malgré tout à l’origine de “variétés géographiques” non ? Et l’hybridation afin de création de nouvelles espèces alimentaires ou ornementales n’a rien à voir avec les phénomènes longs et naturels qui permettent l’émergence de nouveaux taxons. Il serait « insultant » de classer le Cagou comme une “variété géographique” non ?.
    De plus le Rat de Tahiti (ou Rat polynésien) n’a en effet rien à voir avec l’île du même nom puisqu’il viendrait d’Asie du sud est. Il est présent dans tous le pacifique d’où son nom (il a dû être décrit sur les plages de Papeete) puisqu’il aurait été trimballé dans les pirogues des premiers navigateurs du grand océan. Seulement, comme le mentionne Stéphane en début d’article, il a été introduit par les premiers arrivant sur le caillou à des fins alimentaires il semblerait. Son article est donc juste et a le mérite d’avoir été publié.
    A+ et bravo à ce canard
    Fred

  10. Fred dit :

    Enfin, quand je dis que son article est juste c’est surtout sur la parenthèse Rat polynésien… Le reste me semble très bon et la nécessité de contrôler les espèces envahissantes est primordiale pour une île comme la Nouvelle Calédonie.

  11. Stéphane Hénocque dit :

    Bonjour Chris,
    Je te remercie de rappeler que cet article n’est qu’un exercice de vulgarisation destiné à sensibiliser mes concitoyens sur un sujet qui me tient à coeur et qui est souvent ignoré.
    Tes points de vue sont très tranchés. Si tu crois que les écosystèmes en place ont besoin d’apports extérieurs pour être stabilisés et que la spéciation n’existe pas, libre à toi … Pour la spéciation, je n’ai jamais dit que le milieu provoquait des mutations mais bien que les mutations concernant les individus qu’il abrite allaient constituer des combinaisons originales pas vues ailleurs.
    Concernant le “rat de Tahiti”, je sais bien que Rattus exulans ne vient pas de Tahiti (pas plus que la “Liane de Gatope” ne vient de Voh !). C’est le nom qu’on lui donne en NC (ou rat polynésien ou rat du Pacifique), c’est tout.
    Ensuite, tu félicites la DENS pour son action contre le crapeau buffle. La DENS est la Direction de l’enseignement, tu voulais sans doute parler de la DENV ?
    Enfin, comme tu semble féru de précision, tu te souviendras qu’on ne met pas d’accent sur des noms latins (Litoria Auréa).
    Stéphane H. 81 63 33

  12. Chris dit :

    Salut,
    Désolé Stéphane d’avoir “heurté” ta sensibilité grammaticale mais je n’ai pas fais de latin à l’école. Encore désolé d’avoir aussi inversé le nom des deux collectivités.
    Mes points de vues ne sont pas tranchés sur les introductions d’espèces exogènes dans des biotopes endémiques mais je t’invite à l’occasion de lire certaines publications scientifiques sur ce sujet, notamment celles de Taylor et Tillier pour ne citer que ces deux noms.
    Si tu regardes le lien que j’ai donné on peut s’apercevoir que 80% des espèces introduites ont été volontaires et très souvent par des scientifiques. Tout ceci dans dans un cadre légal et la plus part du temps pour des raisons “économiques”. Je ne vais pas rentrer dans le grand débat sur la protection de l’endémisme Calédonien mais il faut savoir que les principaux acteurs sont aussi liés à l’activité économique dans l’ordre:
    - Agriculture intensive.
    - Activité minière.
    - Activité forestière
    - Urbanisation non contrôlée surtout celle du littoral.
    Je ne pense donc pas que la biodiversité locale “pèse” bien lourd face à ces mastodontes destructeurs qui la plus part du temps nous font avaler tout et n’importe quoi et le pire c’est que ça continue encore et encore avec la bénédiction des autorités locales compétentes.
    Concernant la spéciation:
    La spéciation est une théorie qui consiste à penser que deux ESPECES du même GENRE puissent s’hybrider et donner une descendance viable.
    On sait que dans 90% des cas cela ne marche pas et. si ça marche la descendance est la plus part du temps stérile et peu vigoureuse. Je ne vais pas revenir sur les variétés géographiques mais ici nous avons un grand problème qui consiste à revisiter les taxonomies des espèces endémiques (mais là aussi grand débat).
    Enfin pour conclure ce débat participatif, je tiens à te dire que je ne suis pas adhérent d’une association environnementale mais je vais t’avouer un petit secret: tous les ans je relâche environ 2000 jeunes d’un genre en voie de disparition et ça dans l’indifférence générale.
    PLACOSTYLUS. STP ne me donne pas le nom local cela m’horripile.
    Cordialement.
    PS: tu me donnes ton numéro de TEL ??? on se fait une bouffe et on en parle.

  13. Stéphane Hénocque dit :

    Pas de problème pour une bouffe ou un café, Christophe, je vois bien qu’on est d’accord sur le fond. En effet, je regrette comme toi que beaucoup d’introductions aient été volontaires (on ne connaissait pas les risques à l’époque) pour des préoccupations strictement économiques (agriculture, …). Maintenant, les acteurs savent les risques et ont moins d’excuses d’être léger sur la bio-sécurité. La plupart des chercheurs et des administrations sont même très prudentes. A titre d’ex, on connait des insectes qui seraient parfaits pour de la lutte bio contre les cactus (figuiers de barbarie) mais on préfère attendre que les labos de quarantaine animale soient créés pour être surs de ne pas introduire une saleté en même temps …

    Mon tél était sur ma signature de réponse. N’hésite pas : 81 63 33
    Stéphane

    ps : pour les Placostylus sp, j’espère que tu respectes les conseils de Fabrice B. et que tu relâches sur un site des descendants d’individus de la même région … J’ai rencontré l’autre jour à Bourail quelqu’un qui relâchait des escargots de l’Ile des Pins (on risque des hybridations malheureuses qui pourraient faire perdre les spécificités régionales).

  14. Stéphane Hénocque dit :

    Spéciation : Chris m’aura presque fait douter de mes souvenirs lointains de fac. Je confirme ma définition et une recherche google rapide aussi :

    http://lgb.unige.ch/evolution/Speciation.htm :
    On postule généralement l’existence de 3 phases dans le processus de spéciation, bien qu’on ne les observe pas toujours :
    1 - Arret des échanges génétiques
    2 - Evolution des mécanismes d’isolement reproductif
    3 - Accumulation de différences génétiques, comportementales et morphologiques entre ce qui va devenir des espèces différentes.

    http://fr.wikipedia.org/
    Une espèce n’apparaît pas instantanément par une mutation conduisant à l’apparition d’un individu d’un type nouveau. Les espèces s’individualisent à partir de populations appartenant à une espèce d’origine (sauf pour le cas de certains végétaux, voir plus bas). Il s’agit donc de l’évolution de populations interfécondes - composant une même espèce, par définition - en population non-interfécondes, c’est-à-dire isolées sur le plan reproducteur. Elles prennent ainsi le statut d’espèces biologiques vraies. La spéciation résulte de la sélection naturelle et/ou de la dérive génétique, qui sont les deux moteurs de l’évolution.

  15. Chris dit :

    Re,
    Il n’ y a pas d’endémisme des P à l’ile des pins au contraire ils n’ont que deux espèces alors que la grande terre en a quatre mais c’est encore discutable.
    Pour FB le jour où il commencera à s’intéresser à nos travaux les poules auront des dents lol. Je relâche toujours mes jeunes là ou j’ai trouvé les reproducteurs et sans prétention aucune peut être que lui aurait besoins de nos conseils.
    Ok pour le café demandes à l’administrateur de te donner mon adresse.
    Cordialement.

  16. Chris dit :

    Oui et re oui
    1 - Arrêt des échanges génétiques par isolement géographique
    2 - Evolution des mécanismes d’isolement reproductif
    3 - Accumulation de différences génétiques, comportementales et morphologiques entre ce qui va devenir des espèces différentes.

    1/ isolement des populations par spécification des biotopes différents et par isolement génétique entrainant de par nature une modification du génotype.

    2/ cela va de soit.

    3 oui et re oui par différenciation du génotype mais pas de mutation.
    (Wikipédia parfois n’est pas une source sure). VARIETE GÉOGRAPHIQUES !!!
    Thèse sur la taxonomie des P (C.Cherel MORA 1983)
    A bientôt.
    Cordialement

    3/
    3/

  17. Fabrice dit :

    Bonjour Christophe et merci pour tes considérations à mon égard…si tu penses que cela peut faire avancer efficacement la cause de la lutte contre les espèces envahissantes pourquoi pas… Excuse-moi de ne pas avoir été plus emballé que cela par tes essais de lâcher de bulimes mais je maintiens les recommandations quant à la prudence nécessaire dans ce genre d’opérations ou l’homme intervient en jouant les apprentis sorciers et ou les conséquences, alors qu’une bonne intention en est probablement à l’origine, peuvent être plus dangereuses que de ne pas intervenir. Tu es sans doute informé des nombreuses publications sur le sujet qui mettent en évidence l’accélération du processus de disparition de populations par affaiblissement génétique suite à des essais de ce genre ?
    Tu nous dis relâcher des milliers de jeunes bulimes chaque année, mais parallèlement à tes essais personnels, as-tu un dispositif fiable de suivi de la survie de ces jeunes ? Par exemple, combien sont détruits par les rats ? Quels sont les stades les mieux adaptés au lâcher ? Ne considères-tu pas qu’un risque peut exister à relâcher des centaines d’individus de ces espèces à très faible mobilité et issus probablement d’une même ponte en un même endroit ? A moins que pour éviter un appauvrissement génétique tu as également mis au point un dispositif rigoureux pour réaliser des croisements entre adultes et assurer une traçabilité de la descendance avec un plan de lâcher tout aussi rigoureux afin de limiter les problèmes de consanguinité s’ils parviennent un jour au stade adulte?
    Tu proposes « sans prétention aucune peut être que lui aurait besoins de nos conseils », je te remercie également de ta proposition, mais je te rassure, nos travaux se font déjà en étroite collaboration avec des spécialistes néo-zélandais de la biologie de la conservation et de la restauration qui travaillent depuis plus de 25 ans sur les escargots du genre Placostylus.
    Bref, nul doute que si le renforcement de populations ou la réintroduction de bulimes (dont le statut génétique reste encore méconnu) consistaient uniquement à produire et relâcher des milliers d’individus dans la nature, nous l’aurions fait depuis longtemps !

    Cordialement

    Fabrice

  18. Chris dit :

    Très cher Fabrice,
    Je ne peux qu’être heureux de votre réponse et à plusieurs titres. Je ne vais pas rentrer dans des polémiques stériles toutefois merci aussi de ne pas raconter n’importe quoi avec tout le respect que je vous dois.
    Comme vous le savez j’ai travaillé depuis 2002 sur la possibilité d’offrir un escargot de consommation pouvant être un palliatif à la consommation des Placostylus (on arrête avec Bulime). C’est chose faite et nos derniers essais sur une population de 25 000 individus ont donnés de bons résultats qui restent à votre disposition. Il me semble qu’à l’époque je vous ai interpelé sur la nécessité de développer cette activité afin de protéger les endémiques. Aucune réponse…..
    Je tiens aussi à préciser que des “passionnés” Métropolitains ont suivis de près notre “aventure” car nous avons peut être réussi là ou d’autres avaient échoués. En gros la possibilité d’élever de l’Aspersa dans des conditions spécifiques et mettre en place des infrastructures et des méthodes adaptées pour faire simple.
    Voilà pour la parenthèse.
    Concernant les P vous savez aussi bien que moi qu’il est impossible de les élever dans un cadre économique. Cependant ayant travaillé par passion sur Porphyrostomus et Fibratus je pense sans prétention maitriser toutes les phases de cet élevage (pas en techniques hors sol comme chez vous sauf dans la phase de repro) avec tous les aléas que cela comporte. Souvenez vous de la photo sur l’incubation en boite de pétri on pourrait alors parler des phases d’immobilismes chez eux (là est la clé pour les relâcher) et de l’influence de la photopèriode bon je vous renvoie aux travaux de Bonnet et de Chevalier
    Il ne s’agit pas de jouer aux apprentis sorciers mais bien de tenter de repeupler certaines zones où ils sont encore présents en respectant bien sur la “variété géographique”. Pour la mobilité réduite SVP n’importe quel amateur en héliciculture peut vous en parler. On va pas leurs coller un émetteur sur la coquille c’est du temps perdu.
    Le fait de relâcher en masse un individu peut présent dans un secteur limité augmente les chances de repeuplement par augmentation de la densité des juvéniles et effectivement la prédation jouera son rôle mais il n’y a pas que les rats restons sérieux (regardez en l’air le “martin triste” est bien plus destructeur et je ne parle pas des autres). Concernant le statut génétique on sait que de par nature au vu des descriptions originales sur les P il existe plus de 140 variétés(toutes espèces confondues) qui ont développés des génotypes différents non????
    Ce qui veut dire qu’il y a eu forcement isolement génétique et de par ce fait très certainement consanguinité. On sait que chez certaine espèces d’ escargots la consanguinité n’est peut être pas un problème. Vous savez qui et combien de Fulicas ont été introduits ici à des fins commerciales ????
    Regardez les conséquences…….
    Il vaut mieux donc agir plutôt que de parler dites moi, mis à part l’ile des pins est ce qu’il existe des textes concernant la protection des Placos ??? et pour conclure donner des informations sur la présence de ces animaux c’est peut être pas une bonne idée j’ai encore vu il y a peu quelques C… sur Koumourou.
    Dernier point Eddystonensis (bavayi) est bien présent là où je vous l’avez dis.
    Je reste à votre entière disposition pour toutes informations complémentaires
    Cordialement.
    Christophe.
    PS vous avez toujours mon adresse non???

  19. Fred dit :

    Chris
    Seulement, le jour où vos chers hybrides fileront dans la nature par négligence ou par malchance, ça fera peut être une envahissante de plus dans la nature… Ou peut être il pollueront à leur tour le patrimoine génétique des variétés géographiques de l’archipel néo-calédonien (si ils sont issus du tissu génétique du placostylus). Et là on pourra très certainement et définitivement dire adieu à cette branche endémique. Qui sait ?
    Trouver le moyen d’élever du vrai Bulime (c’est volontaire) est à mon goût préférable pour la survie de l’espèce néo-calédonienne et pourquoi pas pour développer une petite activité économique autour de l’espèce (ou des variétés géographiques).
    Amicalement
    Fred

  20. Pöllabauer dit :

    Cher Chris,
    vous avez produit 2083 douzaines “d’escargots de consommation pouvant être un palliatif à la consommation des Placostylus - vous n’auriez pas produit en masse une espèce introduite (C’est quand même nettement moins glorieux d’élever H. aspersa dont l’héliciculture existe depuis 10 000 ans)? Vous avez des bons résultats , merveilleux - qu’attendez vous de publier votre succès tellement plus performant que celui des chercheurs locaux et d’en parler à la DENV ? ( On pourrait gagner du temps et de l’argent. A moins que - seriez-vous en infraction? - aucun élevage clandestin n’est autorisé, (je le sais, j’avais deux chiens, un mâle et une femelle et mon voisin a appélé la police pour dénoncer mon “élevage clandestin”), vous qui êtes fonctionnaire (vous travaillez à la DITTT?), vous deviez savoir qu’il est judicieux de repecter le peu de règlementation que nous possédons en NC! Où sont passé vos 25000 individus dont vous n’osez même pas citer le nom ? Vous les avez mangés ou relachés?
    Vous êtes éleveur d’escargots passionné, on a tous compris, mais vous jouez bien aux apprentis sorciers en tentant de “repeupler” certaines zones de vos produits d’élevage - sinon pourquoi agissez-vous constamment en cachette? Vous deviez savoir qu’avant vous, beaucoup d’autres ont agit de la même sorte, des Placostylus de plusieurs régions géographiques ont été relachés un peu partout, seules les analyses génétiques nous permettent aujourd’hui de retrouver péniblement quelques souches anciennes. Pouvez-vous nous en dire autant? Vous qui agissez au lieu de parler, avez vous effectué des analyses génétiques?
    Vous êtes en plus spécialiste des prédateurs? Soyons sérieux, qu’est-ce qui vous permet de dire que le “martin triste” et plus destructeur de bulimes que les rats? Essyez de comprendre la biologie et ethologie : les bulimes sont inféodés à la forêt primaire, le merle vit dans les bois clairsemés, les champs et autour des habitations, les zones dégradées, il suit les cultures, il ne rentre pas dans le coeur de la forêt, les rats oui (de plus le rat et le bulimes sont nocturnes, ce n’est pas le cas du merle!) Je vous invite donc d’observer les Placostylus dans leur habitat naturel la nuit, c’est instructifs et ça vous évite les erreurs grossiers (et de bafouer 15 ans de recherches et d’observations nuits et jours souvent bénévoles)!
    Vous parlez des conséquences d’introduction d’Achatina fulica - pourtant vous incitez à son élevage (cf votre prose sur les bulimes) - c’est plutôt étrange comme moyen de sauvegarde des espèces endémiques ?
    Une action concrète (hors ILP) Sur Koumourou, nous avons effectués des recherches durant plusieurs années avant de trouver plusieurs Placostylus, Fabrice les a élevé avec succès puis les a relâché (après étude des prédateurs), autrement il y en auraient probablement plus. Et c’est primordial d’en parler, ce serait à travers la pression des médias ou du grand public que les intitutions réagiront sur des thèmes qui les touchent aussi peu que les escargots!
    Pour terminer, vous savez où se trouvent des P. eddystonensis, depuis 2 ans vous nous en parlez, alors agissez au lieu de parler, et emmenez moi quelques exemplaires vivants avant qu’une espèce envahissante le fasse disparaître définitivement!
    Et merci aussi de ne pas raconter n’importe quoi dans le futur (je ne fais que reprendre vos termes)
    Cordialement
    Christine
    PS vous avez toujours mon adresse non???

  21. Chris dit :

    Bonjour Christine,
    Je vais tenter de garder un peu de courtoisie mais vu que vous le prenez sur ce ton, je vais vous remettre les choses à leurs places.
    1/C’est quoi cette histoire de fonctionnaire et de DITT je ne suis pas fonctionnaire et je ne travaille pas à cet endroit et cette pseudo dénonciation est déplacée.
    2/ Bien sur que je travaille sur l’Aspersa !!!!!j’ai croisé une variété (exlbida) avec une autre variété assez commune mais présentant des caractères morphologiques de grosseurs “anormales” c’est ce que l’on appelle des tailles majors (Chevalier). Je rappelle pour tout le monde que l’Aspersa (petit gris) est présent sur le territoire depuis 1872 et que ce n’est pas une espèce envahissante. Mes travaux ont été optimisés et suivis par un ami passionné qui lui a déjà fait une race spécifique alors SVP ne venait pas me donner des leçons dans ce domaine et je n’ai rien inventé même l’INRA à travaillé il y a peu sur un autre animal mais ayant de fortes similitudes avec le mien. J’ai même envoyé une petite souche avec l’autorisation des services vétérinaires compétents en la matière ici.
    3/ Tout notre élevage est contrôlé et nous avons abattus les animaux dans un laboratoire en cour de finition dont le secteur sale vient d’être inspecté. Vous aurez peut être le loisir d’en déguster prochainement dans 3 grands restaurants de la place et l’an prochain si tout va bien on va proposer un produit de qualité pour l’ensemble des consommateurs. L’héliciculture est une activité agricole et économique et je ne suis pas mère Théresa.
    4/Si je vous dis que j’ai une expèrience sur la prédation c’est que les ai vu à l’œuvre
    5/Je détruis systématiquement les Fulicas qui croisent mon chemin mais je dois vous avouer que j’ai utilisé des techniques d’Achatiniciculture pour les Placos.
    6/Vous avez effectués des recherches pendant plusieurs années sur koumourou pour trouver des P???? lors de ma dernière visite j’aurai pu en ramasser 150. Je peux aussi vous donner trois autres endroits où vous trouverez des P (je pense “Duplex” donc Fibratus) autour de Néa.
    7/ Pour P E j’ai pas envie de me taper 4 Heures de marche et encore moins pour vous mais j’ai des coquilles. Fabrice a depuis longtemps des coordonnées géographiques. Si j’y remonte je capture mais pour moi.
    8/ Je ne fais pas ça en cachette la preuve j’en parle mais je n’ai aucune envie d’être adhérent (pour l’instant) d’associations environnementales qui sont pour la plupart d’entre elles largement politisées.
    9/ Permettez moi aussi de penser qu’une étude sur les relations génétiques entre les populations des P doit avoir très certainement un grand intérêt scientifique et j’aurai grand plaisir à lire peut être le résultat mais ça ne fait pas “avancer” le débat sur la protection de ces animaux. Surement plus la carrière de son auteur. Si nos politiques ne sont pas aptes à comprendre le rôle primordial d’un escargot (qui de plus endémique) dans un biotope et de protéger efficacement des espèces uniques et en voie de disparitions je pense que vous allez avoir besoin de faire du pédagogique et déjà dans vos rangs.
    10/Je n’ai pas votre adresse et je me demande bien si j’ai envie de l’avoir.
    Vous souhaitant bonne réception de ce petit message
    Cordialement et inutile de me répondre

    Pour Fred,
    Je pense que sur le sujet des H tu es fixé au vu de ma réponse à Christine.
    Encore une fois de plus je relâche mes petits Placos là où j’ai trouvé les reproducteurs qui sont eux même relâchés après une série de repro et je préfère jouer aux apprentis sorciers sur des endémiques plutôt que de rester inactif.
    Cordialement.

    Pour l’administrateur,
    Pas mal le débat participatif, on part sur des espèces envahissantes et on se retrouve sur la protection d’un endémique. Ca marche et c’est assez cordial.
    A+

  22. Fred dit :

    Bonjour
    Vous êtes éleveur de petit gris. Je n’avais pas compris.
    Concernant vos actions sur les espèces locales. J’aimerais seulement savoir si vous avez des données sur les densités de Placostylus pré et post lâchers. Un protocole de renforcement de populations doit impérativement fait l’objet d’un suivi pour de multiples raisons
    –> Savoir si le protocole est utile histoire de ne pas investir inutilement
    –> Contrôler la viabilité des individus relâchés (la naissance en captivité peut les rendre complètement inaptes à survivre dans un milieu naturel)
    –> Veiller à ne pas atteindre une densité élevée (pression de l’espèce sur le milieu ou accoutumance des prédateur avec une réorientation du régime alimentaire : l’escargot devenant abondant le prédateur le cherche en priorité, pour faire simple –> la population est soumise à une prédation plus forte et risque de se casser la gueule)
    Données qu’il est impératif de relever afin de valider un protocole.
    Vous êtes peut être sérieux dans vos démarches mais qui nous le prouve en l’absence de données. Le fait est que les opérations de renforcement de population ne peuvent être le fait d’amateur (non, il n’y a pas d’histoire de piétiner des plates bandes) un encadrement scientifique est nécessaire et ça c’est une évidence.
    Alors oui peut être pour vous la recherche fondamentale sur cette espèce est vaguement inutile, c’est long et ne fait qu’entretenir la carrière du chercheur impliqué sur l’affaire. C’est malheureusement plus compliqué et les exemples ne manquent pas de cas de renforcements de populations qui ont été des échecs car non préparées ou parce qu’on ne connaissait rien ou peu de choses de l’écologie des espèces relâchées (comportement, niche écologique…). Alors restons cordiaux, chacun sa spécialité, les uns en élevage et croisement d’escargots à des fins de commercialisation, les autres a l’étude de la malacofaune néo-calédonienne (étude du milieu de vie, des interactions avec les autres créatures forestières ainsi qu’avec la flore locale et introduite…).
    Pour finir, et là j’entre dans ma spécialité, le Martin triste en forêt… Jamais observé ou très rarement (en lisière) et pourtant j’en ai parcouru des forêts sèches ! Comme dit plus haut c’est un oiseau des zones ouvertes et anthropisées. On l’observe rarement en lisière et jamais au sein des forêts. L’impact de cet oiseau est sans conteste négligeable sur les populations de Placostylus restons sérieux (pour reprendre votre expression). Le Rat fait à mon avis bien plus de dégâts (bibliographie importante à ce sujet) mais là je laisse les spécialistes répondre.

  23. Chris dit :

    Salut fred,
    Sachant que la densité observable en élevage est de 30/M2 et en obtenant une maturation sexuelle en 4 ans chez les P on peut estimer qu’il faut relâcher la valeur d’une ponte tout les 50 Mètres. En prenant soin de ne pas mélanger les pontes des différents reproducteurs. Ce qui me laisse supposer qu’ils doivent mettre le double dans la nature. Voilà pour répondre assez simplement à ta question. J’habite un endroit où j’ai une foret sèche à 10 minutes de marche en milieu urbain endroit très protégé par l’asso de mes deux nouveaux amis.
    Et j’en ai vu plus d’uns mais j’ai observé aussi en élevage que cette espèce d’oiseau est très consommatrice de juvéniles toutes espèces confondues.
    Cordialement.
    PS je reste sérieux. et pour les données pré et post pas de problème mais ils sont “capricieux” sur la valeur du nombre d’œufs par ponte

  24. Chris dit :

    rectification,
    Post… difficile mais il y a peu j’ai constaté que cela pouvait marcher.
    Cordialement.

  25. Fred dit :

    Ce que je demandais…
    C’est : pour faire simple. Avez vous constaté (données chiffrées si possible) que vos lâchers de P en forêt sèche donnent des résultats satisfaisant. Quid du succès des lâchers.
    Par exemple :
    Avant lâchers : 0,005 Placostylus / m2
    Après lâchers : 0,01 Placostylus / m2
    Parce que faire des lâcher c’est bien… si ils sont bien fait. Ça ne s’improvise pas de renforcer des populations. Et surtout, la comparaison avec des données d’élevage (surtout au niveau des densités) où les conditions sont complètement artificielles (pas de prédation, hygrométrie constante, nourriture de qualité) n’est en aucun cas valide. Attention un élevage et la nature c’est totalement différent mais ça je suis sûr que vous le savez.
    Cordialement.

  26. Chris dit :

    Bonjour Fred,
    Ayant le plus grand respect pour tes actions, je ne vais te donner qu’une réponse partielle à tes questions pour plusieurs raisons. Si toutefois tu veux vraiment en parler il n’y a aucun problème mais on “déborde” du sujet initial.
    Je te cites :”Et surtout, la comparaison avec des données d’élevages (surtout au niveau des densités) où les conditions sont complètement artificielles pas de prédation, hygrométrie constante, (nourriture de qualité) n’est en aucun cas valide”
    Non l’élevage peut permettre même si les animaux sont en constante activité et avec une nourriture de qualité (quoique) on ne fait qu’accélérer les choses c’est tout !!(pour faire simple).Les densités observables dans la nature sont insignifiantes (1/M2 chez les P) au même titre que chez l’Aspersa dans son milieu origine. Sur ce sujet quand j’attends que l’héliciculture à plus de 10 000 ans on et dans l’anorexie mentale désolé.
    Pas de prédation en élevage??? non là aussi, je pense c’est “déraisonnable” de penser cela, je te donne quelques Petits gris tu vas voir….
    Bon écoutes si tu veux me contacter pour en parler pas de problème si tu vas sur endémia (voir Bulime) tu vas me trouver ou chez les BDF en MP.
    Cordialement .

  27. Ecolagon dit :

    A noter que vient de sortir un bouquin sur les espèces envahissantes et à conflit d’intérêt en NC. (IAC) Une préface à vomir de M. Babin qui en plus y fait des fôtes de français. Pour le reste c’est une bonne source d’information.
    Par contre je suis très inquiet sur les développements de lutte biologique. Ça ne marche que très rarement… C’est plus des trucs d’apprenti sorcier que de la science…

  28. Ecolagon dit :

    Tiens cet article revient au gout du jour à la sauce crapaud buffle …

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