Cela fait maintenant un peu plus de deux semaines que ce nouveau média participatif existe et j’ai toujours autant de mal à le nommer ! Peut-être faudrait-il faire le deuil d’un nom intelligent et rassembleur pour se contenter d’un sobre NCI qui n’est pas sans rappeler un autre média d’information, bien plus important.
Le mot information n’est pas sans me poser quelques interrogations car j’avoue en avoir une vision négative. J’y sens en effet les ombres sombres et épaisses de la manipulation, de la désinformation, justement, de la substitution aux savoirs et à la connaissance. De Timisoara à Tiian’anmen, en passant par l’opération “Tempête du désert”: les scandales d’information-manipulation n’ont cessé de me rendre toujours plus prudent, de me retrancher dans les affres nébuleuses de la méfiance et de me demander, finalement, beaucoup d’efforts pour multiplier les sources d’information. Car, de l’information, cette façon de donner une forme à un renseignement que l’on porte à connaissance du public nous en avons bien besoin.
Voilà bien le principal défaut qu’il est possible de trouver à NCI (certains d’entre vous ne s’y sont d’ailleurs pas trompé): le média est souvent une vitrine de communiqués qui ne met pas vraiment en forme ces derniers. Leur contenu vous est retransmis de manière brute. Deux raisons expliquent cela: tout d’abord le manque de temps et de recul de l’équipe (bénévole) de NCI, qui ne lui permet pas de proposer une réflexion pertinente sur les communiqués que lui transmettent les partis politiques. Aussi, plutôt que de glisser dans le mauvais goût littéraire, forcément subjectif, de la paraphrase, nous avons choisi de diffuser ces communiqués “tels quels”. La deuxième raison est la nature même du média participatif. Plutôt que ce soit une équipe restreinte qui détienne le pouvoir d’analyse critique, c’est chacun de vous qui le détenez par l’intermédiaire des commentaires. Aussi à NCI, la réflexion se trouve-t-elle autant dans les commentaires, souvent de bonne facture, que dans les articles. C’est aussi cela un média participatif. Par ailleurs, il faut aussi bien reconnaître que nous manquons d’articles de fond, où l’un d’entre vous proposerait un regard critique sur l’actualité ou la société.

Nous en venons à une autre raison qui m’a poussé à la méfiance vis-à-vis de cette notion d’information: l’infobésité. Ou la façon dont, inondés d’informations nous ne parvenons plus à nous fixer sur les problèmes essentiels. Nous sommes ainsi distraits par des informations de seconde zone alors que le traitement des enjeux fondateurs de nos sociétés nous passent sous les yeux sans que nous nous y attardons. De ce point de vue, on ne peut pas dire que NCI soit un “média-gaveur”. En effet, avec un article par jour, chacun a le temps de lire et de réagir. Il me semble que s’il est possible de doubler la cadence il serait dangereux d’aller au delà. La participation a besoin de temps pour s’établir. Aussi, n’hésitez pas à envoyer des contributions d’articles, ils ne seront peut-être pas diffusés le jour-même (nous sommes en train de mettre au point une procédure de relecture/correction/sélection), mais auront de bonnes chances de l’être les jours qui suivent.
Mais la rédaction d’article, si elle demande du temps, demande, a priori, d’avancer à découvert. Il me semble qu’il y a là une piste qui tend à expliquer que nous n’ayons, souvent, que des propositions d’articles de personnes publiques. La Nouvelle-Calédonie est un grand village où il y a un effet de paroisse important, en grossissant le trait on pourrait dire que tout le monde finit par connaître un peu tout le monde. Il s’agit donc d’assumer son article en public après sa publication, ce qui, au regard des tensions bien réelles qui existent dans le pays, peut s’avérer délicat. Au regard de l’objectif de NCI, qui est de proposer un regard critique et réfléchi sur l’actualité, l’identité du ou des auteurs de l’article est-elle vraiment nécessaire ? Le message porté n’est-il pas plus important que celui qui le porte ? Lors de la dernière campagne présidentielle française, un groupe de réflexion est fréquemment intervenu dans la presse sous le pseudonyme des Gracques. L’usage d’un pseudonyme a-t-il nui à leur réflexion et à la portée de cette dernière ? Pourquoi la qualité d’un message serait forcément associée à son auteur ? N’est-ce pas là le chemin insidieux de l’autorité ? Aussi, il me semble que si l’utilisation d’un pseudonyme vous permet de participer plus librement, pourquoi ne pas se l’autoriser ? Cela sera ensuite le rôle du comité de lecture de ne pas laisser passer des articles en désaccord avec les fondements de NCI.
Si chacun peut participer librement, que cela soit en commentaires -fussent-ils de communiqués bruts (ce qui apparaîtra désormais dans le titre)-, ou en rédigeant des articles, qu’il sera possible d’écrire et de commenter calmement, sans risquer d’y mettre toute sa personne, alors NCI pourra proposer les esquisses de réflexions qui sont son rôle premier. Et il n’y aura plus à craindre d’être un média d’information, du latin informatio: dessin, esquisse, idée, conception.

Des sujets et des thèmes il y en a plétore. Quand au titre ou nom du journal il y en a encore et toujours qui feront des jeux et enjeux. Le votre a le don d’exister et fait réagir.
Des esquisses d’articles: les energies renouvelables, la pollution, la cherté de vie, les atouts du pays (géographiques, humaines…), des métiers , des sports , des industries à découvrir, des familles implantées plus ou moins longtemps pour avoir des points de vue différents, des améliorations possibles au quotidien ou des éxclamations. Par exemple hier vers 17h50 devant la caserne du RIMAP jouaient sur le terre plein a coté du monument aux morts des jeunes au ballon. Chose qui je se faisait pas , par respect des lieux et il faut dire qu’ils étaient sous bonne garde celle du RIMAP.