PENSEES URBAINES

LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE dans une société … de l’information

Posted by servefa on Vendredi 22 mai 2009 and filed under A la une, Actualité, Société, Media & Communication. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry - Article lu 2 131 fois

La naissance de l’internet moderne à la fin des années 90 a déclenché un bouleversement dans les habitudes des êtres humains.
Un bouleversement technologique car l’ordinateur vecteur de ce changement est presque devenu indispensable dans le quotidien de chacun
et par voie de conséquence un bouleversement social car la radicalité et l’étendue de ce changement fragilise un homme moderne qui se voit de nouveau confronté à la remise en question de ses propres valeurs tout en lui concédant un accés à une infinie potentialité d’échanges dans un univers où la brique élémentaire se nomme information.
Les premiers exposés à la problématique des libertés en informatique ont été naturellement les informaticiens et c’est dans ce contexte qu’est apparu une nouvelle forme de logicielle, qui, mise à disposition de tous garantissent quatre libertés fondamentales (utilisation, étude, redistribution, modification): le logiciel libre.

Qu’est-ce qu’un logiciel ?

Pour comprendre le concept de Logiciel Libre, vous devez d’abord comprendre ce qu’est un logiciel (ou encore programme ou application). Du point de vue de l’utilisateur, un logiciel est une application qui répond à l’un de ses besoins (traitement de textes, programme de dessin, jeu, …). C’est une suite de petites instructions invisibles pour l’utilisateur, qui forme un tout cohérent.

Ces logiciels ont besoin d’un système d’exploitation pour fonctionner. Le système d’exploitation permet d’accéder aux ressources de la machine (lecteur de disquettes, écran, clavier, …). C’est aussi le système d’exploitation qui se charge d’exécuter les instructions du programme constituant le logiciel.

Les instructions d’un logiciel sont écrites dans un langage que l’ordinateur peut comprendre, le langage machine (ou langage binaire). Mais celui-ci est très difficile (voire impossible) à lire et à comprendre pour un humain.

Pour créer un logiciel, la manière la plus courante est donc de l’écrire dans un langage informatique compréhensible par des humains, et ensuite de le traduire vers le langage binaire. Cette traduction est effectuée par un logiciel appelé compilateur.

Le logiciel dans sa forme compréhensible est appelé source du logiciel, ou source du programme (parfois aussi “code source” par abus de langage), et dans sa version en langage machine, il est appelé “binaire” (ou exécutable).

levitate

Qu’est-ce qu’un logiciel libre ?

Un logiciel libre est un logiciel garantissant un certain nombre de libertés à ses utilisateurs.

Nous allons procéder par analogie en comparant le code source d’un logiciel à une recette de cuisine.

Imaginons que vous vous trouvez dans un restaurant et que vous mangez un excellent plat. Peut-être aurez-vous l’envie de pouvoir le cuisiner chez vous pour vos amis ?

C’est impossible si vous n’avez pas la recette du plat. Vous pouvez toujours le manger dans le restaurant, mais même si vous connaissez le goût, vous ne savez comment le reproduire. La liberté d’échanger des recettes de cuisine est essentielle pour les cuisiniers comme pour les simples gourmets.

En informatique, il en va de même pour un logiciel. Le code source est la recette, le binaire est le plat déjà cuisiné. La plupart des logiciels dits logiciels propriétaires sont distribués sans leur code source et il est interdit d’essayer de comprendre leur fonctionnement, de les partager avec vos amis ou d’essayer de les modifier pour les adapter à vos besoins.

Au contraire, un logiciel libre vous garantit quatre niveaux de libertés :

utilisation : la liberté d’utiliser/exécuter le logiciel pour quelque usage que ce soit.
étude : la liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de l’adapter à vos besoins.
redistribution : la liberté de redistribuer des copies.
modification : la liberté d’améliorer le programme, et de rendre publiques vos améliorations de telle sorte que la communauté tout entière en bénéficie.

Ce sont des libertés fondamentales à l’utilisation de l’informatique, à la création et au partage des informations. Les logiciels libres sont avant tout porteurs de liberté de partage et d’accès à la connaissance.

Elles sont bien sûr essentielles aux informaticiens, mais aussi aux utilisateurs, auxquels elles fournissent une maîtrise des outils et des informations, en empêchant toute dépendance permanente vis-à-vis d’un quelconque éditeur de logiciels.

Quelle est la différence entre logiciel libre, freeware, shareware, logiciel du domaine public, … ?

Notons que le terme logiciel libre vient de l’anglais Free Software (où free s’entend dans le sens de free speech (libre expression) et non pas free beer (gratuité)). Logiciel libre ne signifie pas “non commercial” ou gratuit.

Un logiciel libre doit être disponible pour un usage commercial, pour le développement commercial et la distribution commerciale. Le développement commercial de logiciel libre n’est plus l’exception ; de tels logiciels libres commerciaux sont très importants.

Le logiciel libre s’oppose au logiciel propriétaire qui n’offre pas les “quatre libertés”. “Commercial” et “propriétaire” ne sont donc pas synonymes : si la plupart des logiciels commerciaux sont propriétaires, il en existe aussi des libres ; il existe de même des logiciels non-commerciaux libres et d’autres non-libres.

Un logiciel libre protège la liberté des utilisateurs. À l’opposé, toutes les autres formes de distribution posent des problèmes en matière de liberté pour les utilisateurs. Voici quelques exemples de ces formes de distribution qu’il ne faut pas confondre avec le logiciel libre :

  • un “freeware” (logiciel gratuit ou graticiel), contrairement au ” free software “, indique simplement que le logiciel fourni est gratuit, indépendamment de sa licence d’utilisation. Dans certains cas, ce sont des logiciels du domaine public. Le code source du programme n’est pas disponible, ce qui interdit, par exemple de corriger des bugs ou d’effectuer des améliorations ;
  • un “shareware” (partagiciel) est un logiciel dont l’auteur demande aux utilisateurs réguliers de son programme une rétribution volontaire. La rediffusion ou la modification d’un tel programme n’est pas autorisé ;
  • un logiciel du domaine public n’est plus soumis au droit d’auteur. Si le code source est dans le domaine public, c’est un logiciel libre, mais très souvent le code source n’est pas disponible (seul le code binaire est disponible). Dans ce cas, ce n’est pas un logiciel libre.

Parfois, on utilise le terme “domaine public” d’une façon peu précise pour dire “libre” ou “disponible gratuitement”. Toutefois, “domaine public” est un terme légal qui signifie précisément que le logiciel n’est pas “soumis au droit d’auteur”.

Un peu d’histoire

Des débuts de l’informatique et aux années 80, les programmeurs de logiciel trouvaient tout à fait naturel le fait de partager les codes sources de leurs programmes. Cette démarche était encouragée par les constructeurs d’ordinateurs, comme IBM par exemple. Le logiciel libre existait déjà dans la pratique si ce n’est dans la forme juridique.

Au début des années 80, différents éléments ont remis en cause cette habitude de partage, et la notion de logiciel propriétaire va apparaître par la création notamment de licences d’utilisation restrictives.

L’un des plus célèbres hackers du MIT (Massachusetts Institute of Technologies), Richard Stallman considérait que cette nouvelle conception de l’informatique était aux antipodes de la manière naturelle de travailler, qui est à rapprocher des pratiques scientifiques de publication, de partage, de revue par les pairs.

Face à cette situation, et pour sauvegarder l’informatique libre, Richard Stallman a initié en 1983 le projet GNU (GNU est un jeu de mots récursif signifiant GNU’s Not Unix). Ce projet visait à concevoir un système d’exploitation complet et entièrement libre. Ce système serait compatible avec UNIX, mais serait différent. Aujourd’hui ce système existe, et s’appelle GNU/Linux. Pour soutenir le développement du projet GNU, la Free Software Foundation (http://www.fsf.org) a été créée en 1985.

Pour valider ce système, une base légale est nécessaire. Cette base légale, créée de toutes pièces, est la licence GNU GPL (pour GNU General Public License). La GNU GPL est la licence des logiciels libres par excellence. Elle détermine des conditions de distribution qui garantissent les libertés de l’utilisateur. On peut estimer à plus de 70 % le nombre de logiciels libres qui sont protégés par la GNU GPL.

Parmi l’ensemble des figures du logiciel libre, Richard Stallman est considéré comme le fondateur du logiciel libre. Il a conceptualisé le mouvement du logiciel libre, écrit quelques-uns des plus célèbres logiciels libres et initié la théorie légale du logiciel libre.

Quel est l’intérêt du logiciel libre ?

Le principal intérêt du logiciel libre ne se situe pas au niveau de ses mérites techniques, mais bien dans l’essence même du logiciel libre : la liberté (liberté d’expression, d’association, d’entreprise, d’user à sa guise de l’information disponible et de la partager, au bénéfice de chacun, donc de tous).

Le mouvement du logiciel libre, se référant à l’utilité sociale, s’oppose à l’appropriation individuelle de la production intellectuelle dans le logiciel. Le logiciel libre permet une réelle appropriation citoyenne de l’informatique.

Au-delà de la liberté, l’intérêt du logiciel libre est multiple : liberté de faire des copies du logiciel pour son propre usage ou pour ses amis ; apprentissage approfondi (pour beaucoup de professionnels, “la meilleure documentation qui puisse exister, ce sont les sources elles-mêmes”) ; correction plus rapide des erreurs ; pérennité par la maîtrise du code source et de son évolution ; souplesse par l’adaptation du logiciel à des besoins particuliers ; défense du pluralisme linguistique par la traduction du logiciel indépendamment de l’existence d’un marché ; nouvel état d’esprit dans lequel l’utilisateur veut ou du moins peut apprendre ; indépendance par rapport à un éditeur ; adéquation de l’évolution du logiciel avec les besoins de l’utilisateur ; absence de logique marchande conditionnant les sorties des différentes versions, …

L’utilisateur ne bénéficie pas directement de l’accès aux sources. La plupart des automobilistes ne connaissent pas le fonctionnement d’un moteur : c’est la même chose en informatique. Maintenant, imaginons un monde où 10% de la population fait de la mécanique pendant ses moments perdus, et passe son temps à améliorer son véhicule. Si vous achetez une voiture d’occasion, vous êtes sûr que le moteur a été amélioré par son propriétaire précédent. On gagne en fiabilité, en performance et en qualité.

En informatique, la même chose existe mais là, vous avez une voiture neuve qui profite de toutes les technologies développées dans des petits garages indépendants par des artisans habiles, et dont les meilleures sont rassemblées dans votre véhicule. Vous êtes sûr de la qualité tout comme de la sécurité. Dans le cas d’un vice de conception, vous êtes quasiment certain que quelqu’un aura détecté l’erreur avant vous et l’aura corrigée.

APRIL remixé par IKARIOS
cet article est sous licence creative commons : http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/
URL de la source: http://www.april.org/articles/fiches-cdc/logiciel-libre.html

Liens utiles et bibliographie
portail du logiciel libre: http://www.framasoft.net/
eebook téléchargeables gratuitement:
du bon usage de la piraterie   Florent LATRIVE : http://www.freescape.eu.org/piraterie/decor/piraterie.zip
Culture Libre de Lawrence Lessig (pour comprendre les enjeux de la Culture du XXIe siècle) : http://fr.readwriteweb.com/wp-content/uploads/Culture_Libre-Lawrence_Lessig.pdf

6 Responses for “LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE dans une société … de l’information”

  1. Morganosx dit :

    Merci pour cet article qui explique parfaitement bien le coté libre de l’informatique.
    Je me demandais juste 2 trucs.
    Qui l’a écrit ? Il n’y a pas d’auteur (ou alors j’ai pas vu).
    Avec quel logiciels a-t-il été écrit ?
    Un Linux et Open Office 3 ? (libre et de qualité)
    ou un Vista avec le pack Office kro$oft ? (hyper cher et bugué à mort)
    Voili, bonne journée à tous

  2. IKARIOS dit :

    Morganosx

    l’auteur de cet article n’a pas donné son nom
    Il s’agit en fait d’une introduction au logiciel libre disponible sur le site de l’APRIL qui est une association dont le but est de promouvoir
    ce type de logiciel auprés du grand public. (CF URL de la source à la fin de l’article)

    Il m’a paru utile de faire circuler cette initiative sur nouvellecaledonie.info car l’accession d’ordinateur pour une grande partie des foyers en NC est trés récente et la facture informatique (notamment l’accés à internet) est loin d’être accessible à tous.
    Sans amalgamer gratuité et liberté des utilisateurs, le libre propose tout de même une solution plus qu’intéressante à tous ceux qui n’ont pas les moyens
    de se payer pack office ou photoshop ou encore des logiciels de 3D souvent hors de prix dont la compatibilité des mises à jour pause parfois problème.
    Le navigateur web Firefox , Open office pour le traitement de texte, Gimp le traitement d’image ou encore blender pour la 3D sont devenus des standards grand public gratuits incontournables
    La réduction de la fracture numérique passe aussi par ce type d’alternative.

    Personellement l’article je l’ai repiqué à partir de w3m un naviguateur web japonais en mode texte et remixé avec emacs sous Ubuntu 2.6.22-14-386
    Pour la publication du même article Franck bosse encore sous windaube mais il va s’y mettre bientôt je le sens

  3. Morganosx dit :

    Salut Ikarios,
    Merci pour ta réponse très précise. Ton initiative de diffuser un texte comme celui-ci est une bonne chose. Je suis moi aussi sur Linux mais sur une Mandriva powerpack spring 2009. Je n’utilise pas que des logiciels libres mais ils sont tous gratuit c’est déja ca (par temps de crise). Je ne vais pas essayer ici de convaincre des gens de passer sur Linux mais je voudrais juste dire que même si on est sous Wincrotte ou Macgénial, des logiciels libres de grande qualité, il y en a plein, prenez tous le temps de regarder du coté du libre avant d’acheter un utilitaire ou un logiciel payant qui fait la même chose (ou qui peut être une bouse aussi )… Bonne journée à tous

  4. Arf! dit :

    Salut Ikarios,
    Une très bonne initiative cette article sur le monde du libre. Je plébiscite la solution PC-BSD pour le poste de travail, ainsi que la SME, CentOS comme serveur en fond de toile.J’aime bien aussi la Mandriva “power pack” pour les entreprises. Le libre touche aussi le Web don’t forget ! comme les CMS…
    Merci Ikarios pour l’article.

  5. IKARIOS dit :

    Je confirme aussi pour l’avoir essayé que la Mandriva est une distribution tout à fait honorable pour les personnes désirant s’initier à GNU/Linux.

    Tu fais bien de le remarquer Arf! les CMS(content Management System ou gestionnaire de contenu) et les applications web dans leur ensemble sont tous aussi concernés.
    Le web 2.0, ou l’internaute n’est plus simplement consommateur d’information mais un producteur de contenu qu’il peut désormais échanger avec le monde entier, en est le principal instigateur.
    wikipedia, google, les blogs, réseaux sociaux ou encore les journaux collaboratifs s’appuient sur des technologies libres sans
    lesquelles ces concepts n’auraient pas pu être concrétisé et connaître le succés qu’ils ont aujourd’hui.

    Dans une société de l’information le libre affecte autant l’être humain dans ses habitudes et son rapport à l’information, que les structures
    qui permettent d’organiser cette dernière

  6. Arf! dit :

    Waourf ! “Je confirme aussi pour l’avoir essayé que Mandriva est une distribution tout à fait honorable pour les personnes désirant s’initier à Linux ?” ben za les gendarmes vont être content puisqu’ils l’utilisent pour tracker les mauvais pirates informatique sur le Web. Ainsi que les types du gouvernement qui l’utilisent, ya Renault je crois qui sont sous Mandriva. Juste que Mandriva est un produit french !!! La solution entreprise vaut 5000 francs cfp je crois.
    ;)

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